6 - Les symptômes du burn-out

Le burn-out est un phénomène d’épuisement progressif, dont les symptômes s’accentuent au fur et à mesure, ce qui peut le rendre difficile à identifier.



Face au stress, notre corps produit notamment du cortisol afin de mobiliser au mieux ses ressources pour faire face. Or, notre organisme n’est pas prévu pour être en situation de stress régulier voire permanent. Les symptômes du burn-in et du burn-out correspondent à une surchauffe de notre corps.


Cette surchauffe va avoir des effets visibles à différents niveaux :

  • Cognitif (problème de concentration, troubles de la mémoire, …)

  • Émotionnel (sensibilité accrue, colère, …)

  • Physique (trouble du sommeil, …)

  • Comportemental (agressivité, cynisme, …)


Sur chacun de ces domaines, on observe une augmentation progressive de l’intensité des symptômes dans le temps, avec 3 grandes phases.



Phase de sur-engagement


Au départ, le burn-in débute par un stress face auquel nous mobilisons des ressources supplémentaires pour faire face : c’est l’équivalent de la réponse instinctive du combat ou de la fuite (« fight or fly »).


Quand le stress se répète, nous continuons de répondre de la même façon, ce qui va demander régulièrement la mobilisation d’une grande quantité d’énergie pour faire face. C’est la phase de « sur-engagement » : plus on nous en demande, et plus on se mobilise pour répondre.


Dans cette phase initiale de sur-engagement, les symptômes sont légers et difficiles à repérer.

Des signaux faibles peuvent apparaître à chaque niveau (cognitif / émotionnel / physique / comportement) par exemple :

  • des troubles cognitifs légers (trous de mémoire, lapsus, …) ;

  • une baisse d’efficacité : vous travaillez 2 fois plus et êtes de moins en moins efficace… c’est une spirale d’auto-accélération ;

  • l’envahissement de la sphère personnelle ;

  • le déni du surmenage et la négligence de ses besoins : « tout va très bien, je vais gérer», « je vais tenir jusqu’aux vacances, après ça ira mieux », ,… ;

  • une plus grande fatigabilité : on se fatigue plus vite, on récupère moins.


👉 A ce niveau, on est encore en contrôle de la situation, on a encore les capacités de mobiliser les ressources nécessaires pour digérer le stress. Mais petit à petit, inconsciemment, on commence à entamer notre capital et à fatiguer notre système. Comme il y a encore de la réserve, on a l’impression que tout va bien et qu’on va gérer…



Phase de résistance


Puisque tout va bien, et si l’on ne remet pas en question les sources de ce qui nous stresse, nous poursuivons ainsi.


La production de cortisol se poursuit, engendrant peu à peu des troubles plus marqués pouvant se manifester de différentes façons :

  • troubles de la mémoire, problèmes de concentration ;

  • irritabilité, accès de colère, sensibilité accrue, … ;

  • perte de plaisir au travail ;

  • problèmes de sommeil, fatigue chronique résistant au repos ;

  • symptômes physiques (activation de terrains fragiles constitutifs de la personne : digestifs, musculaires, …)

👉 A ce niveau, vous avez conscience qu’il y a un problème, mais vous êtes de moins en moins en capacité de savoir comment y répondre. Vos ressources cognitives, émotionnelles et physiques sont déjà impactées, rendant votre vision de la situation et les solutions potentielles confuses voire inaccessibles.

Cela peut même aggraver votre stress et provoquer une accélération : votre perception de la réalité est affectée et vous pouvez commencer à facilement vous noyer dans un verre d’eau (lien article stress et perception).



Phase de rupture


Sans résolution des facteurs de stress, et en continuant ce cycle, peut venir la rupture, le burn-out avec sa palette de symptômes :

  • assèchement affectif et émotionnel ;

  • déshumanisation de la relation ;

  • démotivation, vécu d’échec, d’impuissance ;

  • cynisme vis-à-vis du travail ;

  • trouble physiques graves ;

  • accidents.


Si la spirale de burn-in est insidieuse par son aspect progressif, il n’en reste pas moins que la rupture n’est pas inévitable. Quel que soit là où vous en êtes, il existe des outils et techniques pour se ressourcer, apprendre à identifier les causes profondes de son stress afin de pouvoir le gérer, le vivre différemment, voire même ne plus en être victime.